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Aux Arts et Sciences Réunis
Notre histoire

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Suite à un passé riche en événement, les Compagnons, passants Charpentiers du Devoir Bon Drilles et les Compagnons Charpentiers du Devoir de Liberté, ont réalisé "La Fusion" de leurs devoirs plusieurs fois séculaires, le 25 novembre 1945 et s'appellent depuis les Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France.

Nous pouvons admirer aujourd'hui les impressionnants chefs-d'œuvre, Le "Viannay" et le "Mazerolles" alliance de ce jour historique.

LE BERRYER

Le 9 juin 1845, les ouvriers Charpentiers de Paris, se mirent en grêve pour obtenir une augmentation de salaire de un franc par jour, grèvre qui fûut levée le 5 novembre, 4/5ème des patrons ayant donné satisfaction.

Huit Compagnons avaient été arrétés et emprisonnés pour délit de coalition. Les Compagnons prirent Maitre Berryer, Avocat, pour défenseur. Après avoir soutenu les débats avec une éloquence admirable, digne de son grand talent, il refusa le montant des honoraires que lui offrirent les Compagnons. En reconnaissance, ces derniers lui firent présent, pour sa fête, le jour de la Saint Pierre 1847, d'un chef d'oeuvre d'Art de la Charpenterie, résultat d'un travail assidu de deux ans, exécuté par la Société avec une justesse et un génie dignes des nombreux éloges qu'il reçut.

Après la mort de Maître Berryer, sa famille rendit ce chef d'oeuvre aux Compagnons qui le dénomment depuis "Le Berryer".

LE MAZEROLLES

Le chef d'oeuvre des "soubises", fut étudié de 1864 à 1866, sous la direction de Louis Mazerolles, Bourbonnais va-de-bon-coeur, de Tual, Nantais le soutien-des-bons-drilles, et de Billon, Chambéry-la-tranquillité.

Il fut exécuté de 1866 à 1878 (partie), achevé en 1884, exposé en 1878, 1889, 1900 et 1937 où il a obtenu chaque fois les plus hautes récompenses.

C'est le travail collectif de tous les Compagnons du Tour de France venus s'inscrire dans la cayenne de Paris des Compagnons Passants Charpentiers du Devoir.

à 0,60 F de l'heure, entre 1872 et 1878, Mazerolles, Gardat, Heririer, Marpin, Toutu, Delous, Sautereau, payés 0,80F de l'heure, et entre 1882 et 1884, Mazerolles, Constantin, Sarry, Toutu, Lalanne, Quement, payés 0,85 F de l'heure.

Les bois furent fournis par des compagnons devenus entrepreneurs : Collet, Jeanjumeau, Lareilhe et quelques autres.

LE VIANNAY

Le chef-d'oeuvre des "Indiens", ou Enfants de Salomon, fut construit sur décision de l'Assemblée Générale du 29 septembre 1887.

Le Compagnon Matrat fut invité à étudier un projet de salle unique, pour le rez-de-chaussée, et ainsi se rapprocher de la forme véritable Temple. Le Compagnon Viannay, qui allait devenir l'un des meilleurs artisans de ce chef-d'oeuvre, fut chargé d'harmoniser l'ensemble d'après un style défini.

Un local atelier fut loué, 5 passage de Fécugeat, à raison de 400F par an. L'entrée du local permettait à peine de sortir les différentes pièces de l'oeuvre, après leur construction.

Les travaux commencèrent le 17 novembre 1887. Le Compagnon Théodort accepta le poste de travailleur, moyennant une indemnité mensuelle de 250F.

Ce magnifique chef-d'oeuvre fut terminé à temps pour l'exposition de 1900 où il obtint la plus haute récompense. Sa forme symbolique, voulue pour se rapprocher du Temple de Salomon, associe la charpenteau but utilitaire qu'elle remplit normalment, c'est à dire couvrir et compléter un édifice en pierre de taille, haut de plusieurs étages. Sa hauteur, de l'arase des pieds au sommet, est de 5,70m.

​En tout temps, les compagnons qui travaillaient ou venaient travailler à Paris, y collaborèrent pour le travail des bois et l'exécution de parties qui étaient pour eux un exercice et un enseignement.

Outre de nombreuses souscriptions individuelles, la "Cayenne" récapitulait 40 000 F de dépenses de salaires en 1874 et l'ouvrage était loin d'être achevé. En 1878, il ne l'était pas encore et fut cependant exposé (médaillé d'or). Un impôt spéci F frappa chaque compagnon qui était inscrit sur les Livres.

Sa hauteur, de l'arase des pieds au sommet de la sphère est de 4,38 mètres. Toutes les combinaisons et difficultés de charpentes y sont résolues.

L'Esprit du Compagnonnage

Le compagnonnage est une tradition multiséculaire de formation aux métiers manuels, fondée sur le voyage et la transmission directe du savoir. Pour les charpentiers, il s'agissait d'un parcours initiatique où le jeune aspirant, après un apprentissage, partait sur les routes pour parfaire son art au contact de différents maîtres. Ce voyage, appelé « Tour de France », durait plusieurs années et conduisait le compagnon itinérant de ville en ville, où il était accueilli dans des « cayennes » tenues par les sociétés compagnonniques.

Durant ce périple, le compagnon apprenait non seulement les techniques les plus pointues de la charpente, mais aussi des valeurs essentielles telles que la fraternité, l'entraide et la rigueur. Chaque étape contribuait à forger son caractère et à enrichir son expérience, jusqu'à ce qu'il soit capable de réaliser son chef-d'œuvre, témoignage ultime de sa maîtrise du métier.

La Réalisation des Chefs-d'Œuvre

Les chefs-d'œuvre présentés au sein de notre établissement ne sont pas de simples démonstrations techniques ; ils incarnent l'aboutissement de tout un système d'apprentissage. Leur conception faisait appel à la géométrie, à la stéréotomie et à la connaissance intime du bois. Chaque assemblage, chaque courbe racontent la patience et la passion des compagnons qui ont consacré des années à ces ouvrages.

Le Berryer, le Mazerolles et le Viannay illustrent trois époques et trois sensibilités différentes, tout en partageant les mêmes exigences de perfection. On y retrouve les difficultés traditionnelles de la charpente : combles, escaliers suspendus, lanternons, autant de prouesses qui forcent l'admiration des visiteurs et des professionnels d'aujourd'hui.

Ces œuvres collectives, réalisées dans les cayennes parisiennes, témoignent également de la solidarité qui unissait les compagnons. Les matériaux étaient souvent fournis par d'anciens compagnons devenus entrepreneurs, et chacun apportait sa pierre à l'édifice, quel que soit son niveau de compétence.

Un Patrimoine Vivant

Après des décennies de conservation soigneuse, les chefs-d'œuvre ont trouvé une nouvelle vie dans le cadre chaleureux de notre restaurant. Le lieu lui-même, chargé d'histoire, offre un écrin à ces témoignages du génie des compagnons charpentiers. En venant déguster notre cuisine, nos clients peuvent ainsi prolonger leur expérience par la découverte de ce patrimoine unique.

Nous avons à cœur de perpétuer l'esprit des compagnons en faisant vivre ces collections et en sensibilisant le public à leur importance historique et technique. Régulièrement, des visites commentées sont organisées pour que chacun puisse apprécier la finesse des assemblages et comprendre le contexte de leur création.